La justice française devrait expérimenter cet automne le bracelet électronique antirapprochement pour les hommes auteurs de violences conjugales. Depuis dix ans en Espagne, la « pulsera electrónica », sans être un outil magique, et associé à d’autres mesures (assistance juridique et psychologique, tribunaux spécialisés), a permis la réduction du nombre de féminicides.
Un an après l’ouverture du «Grenelle des violences conjugales», la mise en application l’une de ses mesures phare suscite l’impatience parmi les professionnels de terrain: des bracelets électroniques antirapprochement (BAR) à destination des conjoints et ex violents. Prévue par une loi adoptée au Parlement en décembre dernier, la mesure est destinée à protéger les femmes victimes de violences, en permettant que la victime comme l’auteur des violences soient équipés d’un dispositif qui donne l’alerte dès qu’une distance prédéfinie entre eux est franchie, et ce sur décision de justice. Au total, le coût de la mise en service d’un millier de ces bracelets a été évalué à 5 ou 6 millions d’euros par le ministère de la Justice.
«Nous sommes très attachés à ce dispositif, nous souhaitons qu’il soit déployé au plus vite pour sauver des vies», souligne Hélène de Ponsay, vice-présidente de l’Union nationale des familles de féminicides. Comme beaucoup, elle juge les délais d’application «un peu longs». Le député LR du Lot, Aurélien Pradié, à l’origine de la proposition de loi adoptée en décembre, ne cache quant à lui pas son agacement face à «l’historique assez invraisemblable d’une mesure qui aurait pu être appliquée depuis huit ans».